Coup de Foudre (3 & fin)

Publié le par Valentin Vernoux

 

 

Previously dans Coup de Foudre : notre héros est tombé raide dingue d'une jolie brune, ils n'ont rien en commun mais il s'en fout, il est amoureux…

 


 

 

Pendant les jours qui ont suivi, j'étais à fond.

 

J'ai tout bien fait comme il faut.

 

Les femmes nous demandent constamment d'exprimer nos sentiments, et bien pour une fois que j'en ai, il est temps de s'exécuter.

 

Matin, midi et soir, je lui ai envoyé des petits texto tout doux, tout adorables.

D'ailleurs elle m'a répondu que je suis adorable.

Je sais.

 

J'ai même écrit des poèmes.

J'ai rimé mes sentiments, j'aime ton charme, déposer les armes, retenir mes larmes, sonner l'alarme…

C'était beau, on aurait cru du Diam's.

Elle m'a répondu que c'est charmant.

Oui, je sais.

 

Je lui ai envoyé de longs mails.

Il faut bien que je la rassure, vous voyez.

Je suis sûr qu'elle s'inquiète de tous ces obstacles qui tenteront inéluctablement de nous séparer, mais pas de souci mon amour, je m'occupe de tout, rien ne pourra nous éloigner, je t'arracherai à ton mariage sans vie, je recueillerai tes enfants, je partagerai mon argent et mon appartement et ma vie et ma salle de bain, et qui sait, sans doute bientôt nous aurons nos propres enfants à nous, vive les biberons et les couches et leurs petites mimines trop craquantes et leur sourire tout mignon, nos enfants seront si beaux...

Il ne faudrait pas qu'elle panique devant l'ampleur de la tâche qui nous attend, vous comprenez, les femmes se font un monde des petits tracas de la vie quotidienne, c'est charmante et ça s'affole d'un rien.

 

Ne t'affole pas, mon aimée, je suis là, je prends les choses en main, tu as enfin trouvé ton homme, ton guerrier, un mec un vrai, un chasseur pour te guider dans les steppes sauvages de la vie, un viking, un couillu.

 

Un couillu qui rime comme Diam's, certes, mais c'est juste parce que je suis en très bons termes avec ma part féminine au dedans de moi.

 

D'ailleurs, puisqu'on en parle, à propos de couillu, j'aime beaucoup nos échanges épistolaires, mais il serait peut-être temps qu'on passe au stade suivant, non, on devrait peut-être se revoir, moi je suis fin prêt, c'est un peu quand tu veux, je ferais bien un petit tour au dedans de ta part féminine à toi, si tu vois ce que je veux dire, ce n'est pas que je sois pressé mais si on veut faire plein de bébés il faudrait peut-être bientôt s'y mettre.

 

Bref, comme vous le constatez, j'ai tout bien exprimé mes sentiments, j'ai tout bien fait comme il faut, pas question de faire foirer notre belle histoire d'amour par faute d'application de ma part, il s'agit d'être à la hauteur.

 

D'ailleurs, elle m'a répondu : "bon, Valentin, il faudrait qu'on se parle".

 

La preuve.

 

 

* * *

 

C'est ce soir, c'est ce soir, c'est ce soir...

 

Je suis excité comme une puce.

Une puce qui aurait une érection conséquente.

Et des papillons dans la tête.

Ce genre de puce.

C'est ce soir.

 

Mon cœur bat à tout rompre sur le chemin du rendez-vous.

Je suis en mode total-prince-charmant, j'aurais dû mettre un collant, mais ça me boudine.

 

A distance, je l'ai vue installée en terrasse.

Elle est à l'heure au rendez-vous, elle est là, je suis fou d'elle, elle est venue, elle est si belle dans cette lumière, tout est beau et limpide et merveilleux, voulez-vous m'épouser là maintenant tout de suite.

 

On s'est embrassé sur la joue, bon pas de problème, sur la joue c'est très bien aussi, on a tout notre temps, on a toute la vie.

 

Je suis tellement heureux d'être là, en face de la femme de ma vie de désormais, tellement plein de projets et de rêves et de beaux morceaux de sentiments tout bien croquants, je crois que je parle un peu trop.

 

La nervosité, l'enthousiasme, j'ai quinze ans.

 

Je lui dis combien sa beauté, comment mes sentiments si doux, et quand notre vie tous les deux, et où notre bonheur bientôt...

Je la bombarde de questions, je lui raconte toute ma vie, je suis né à Dijon dans le 21, c'était un mardi, on a tellement de choses à découvrir l'un de l'autre, nous avons perdu tellement de temps à ne pas vivre ensemble, à ne rien savoir l'un de l'autre.

 

 

* * *

 

 

"Valentin, je crois qu'il faut vraiment que je te dise un truc"

 

Hmmm ?

 

Mais oui, bien sûr, dis-moi tout, c'est vrai que je parle trop.

 

Et pourquoi tu as les yeux baissés dans ton café pour me dire ça ?

Et pourquoi tu ne souris pas ?

Qu'est-ce qui te tracasse, mon aimée ?

 

"Valentin, tu vois, tu es super mignon, et tout et tout, et c'est vrai, je l'avoue, tu m'as fait complètement craquer à cette soirée, tu es drôle, tu es beau gosse, tu me fais rire..."

 

Hmmm ?

 

"...mais là, tu vois, tu me fais un peu peur".

 

Huh ?

 

Pardon ?

Repeat after me ?

Where is Brian ?

 

Huh ?

 

"Oui, écoute, franchement, moi j'étais super partante pour une histoire de cul avec toi, je croyais que c'était bien clair, tu me plais, je te plais, je me fais chier dans mon mariage, tu ne craches pas sur les femmes mariées à ce qu'il parait, tu es un bon coup, moi aussi, ça me semblait simple..."

 

Huh ?

 

"Mais là, tu m'écris des poèmes, tu me parles de faire des bébés, tu te prends la tête à propos de notre vie ensemble, tu me racontes ton enfance, n'importe quoi, franchement c'est ridicule, il n'a jamais été question de ça, enfin quoi, c'était pourtant simple..."

 

"Et là, au lieu de m'emmener chez toi et de me faire subir les derniers outrages par tous les orifices, comme un vrai gentleman, tu me saoules avec tes déclarations franchement un peu lourdes, tu as tout du psychopathe."

 

Huh ?

 

Brian ?

 

J'aurais voulu dire quelque chose, mais j'étais sur "mute", rien ne sortait.

En tout cas rien d'intelligent.

 

Elle s'est levée, elle a ramassé ses affaires, et elle est partie.

 

En partant, elle a dit une dernière phrase, les derniers mots que j'ai entendus d'elle, ces mots que je chérirai toujours comme le dernier souvenir de notre histoire, mon aimée...

 

"Putain, c'est pas facile de se faire sauter, avec les mecs d'aujourd'hui..."

 

Et elle était partie.

 

Disparue de ma vie pour toujours.

 

...

 

Reviens, mon aimée.

Ne m'abandonne pas.

Ne me quitte pas...

 

Même pas un petit bisou d'adieu ?

 

Reviens...

 

Non mais moi, je suis d'accord...

 

Juste du sexe, c'est bien aussi...

 

On baise ?

 

Huh ?

 

 

 

( Fin !…)

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans 18 Coup de Foudre

Commenter cet article

John Smith 21/04/2010 15:31


Alors Valentin se met a la science fiction maintenant?
La chose la plus plausible de ce recit est que les collants boudinent.
Les coups de foudre sont des virus qui frappent quand les defenses immunitaires sont basses, et l'amour beat est la leucemie de l'esprit...
D'accord la tout de suite je ne suis pas la personne la plus objective de la terre mais quand meme... Valentin la connait bien la strategie de "fuit la femme elle te suit, suit la elle te fuit", la
methode du pecheur de grosse, laisser filer pour mieux planter l'hamecon, moi j'y crois pas qu'il continue a vouloir partager ses biens!
Interessante la theorie du WYS/WYG mais qu'elle ne se repande pas trop car imaginons une seconde que les femmes sachent ce qu'elles expriment quand elles dansent et qu'elles souhaitent le
maitriser. My god, une parade amoureuse en temps reel avec tising sexuel inadapte et bande annonce du coit en tenue presentable...
Bon allez je retourne vomir.


Camille 05/04/2010 18:42


C'est vrai que les poèmes et les bébés, avec une femme mariée ca fait trop (rire)


Valentin Vernoux 05/04/2010 20:01



Depuis que je sais que vous l'êtes (mariée), je prends ce conseil avec toute l'attention qu'il mérite !



Hotllywood 31/03/2010 13:52


Crétin! :-D

Merci, c'était vraiment sympa à lire