Florence, 36 ans, responsable de marque

Publié le par Valentin Vernoux


Cher Valentin,

 

J'ai un problème.

 

Dans la boîte où je travaille, je suis Responsable de Marque mais j'espère bien devenir Directrice de Marque bientôt parce qu'il y a des tas de gens qui ont eu le titre et qui le méritent beaucoup moins que moi, vu que ma marque, c'est pas pour me vanter, mais elle a fait une super progression de ventes depuis que je m'en occupe. Et ça, tout le monde le sait, je suis très appréciée par mes collègues.

 

Oui et bien dans cette boîte, il y a un homme dans un autre service, on est super-copains, on a pris l'habitude de prendre des cafés ensemble, et puis de temps en temps il m'invite à déjeuner, et j'aime beaucoup lui parler parce qu'il a une grande capacité d'écoute, et même si des fois ses conseils sont un peu durs, il s'intéresse à moi et ça me fait plaisir.

 

C'est un homme très sûr de lui, un peu provocateur, alors que moi, bon je n'ai aucun problème, je ne suis pas "névrosée" comme vous diriez, mais j'ai parfois du mal à m'imposer dans la vie.

 

En plus il est plutôt sexy, enfin il a beaucoup de charme, et comme on est souvent ensemble à la machine à café, les gens s'imaginent qu'il se passe un truc entre nous, c'est très excitant, ça me remonte le moral, j'aime bien.

 

Bon, au début, c'est clair que ce collègue me draguait un peu, enfin avec lui on ne sait jamais vraiment si c'est vraiment de la drague ou s'il est comme ça avec toutes les filles, mais bon je crois que je lui plaisais bien.

 

Evidemment, il ne s'est rien passé, car je suis mariée et j'ai des enfants, alors à chaque fois qu'il a essayé de m'embrasser ou de mettre sa main dans mon jean, je lui ai dit non, arrête, je préfère qu'on reste amis, et puis d'abord je suis mariée et j'ai des enfants, ça va pas la tête.

 

Alors à force, bon on continue à se voir souvent, on prend des cafés, on plaisante de tout et de rien, mais il ne me fait plus de drague, enfin ou alors je ne me rends pas compte.

Pourtant, même si moi je me trouve moche, je sais que les garçons me trouvent jolie en général, et lui il avait l'air de m'apprécier, avant.

 

Le problème c'est que là il va être muté dans une autre division, on va se voir beaucoup moins souvent, et je me rends compte qu'il va me manquer, ses conseils, ses blagues, le fait qu'il s'intéresse à moi.

 

En fait, je me suis rendu compte que je tiens beaucoup à lui, et j'ai même rêvé de lui plusieurs fois ces temps derniers, et ce n'était pas des rêves de réunions marketing, si vous voyez ce que je veux dire (je veux dire que c'était des rêves sexuels).

 

Et puis j'ai peur de me retrouver toute seule, en fait je crois que je suis une ratée, je ne serai jamais Directrice, je ne suis pas assez politique, pas assez jolie, lui au moins il s'intéressait à moi, je me sentais moins nulle.

Et puis plus personne ne va croire qu'on est amants, maintenant qu'il ne va plus prendre son café avec moi deux fois par jour.

 

Si ça se trouve, c'était l'homme de ma vie, et je l'ai laissé filer.

 

Bref, je ne sais pas quoi faire.

 

J'ai bien réfléchi, je crois qu'il faut que je couche avec lui, je ne peux pas le laisser partir comme ça, il faut que notre complicité débouche sur quelque chose de fort, de beau, on ne peut pas se quitter comme ça, il faut que je le retienne.

J'espère qu'il voudra bien de moi, et qu'il n'a pas rencontré une autre femme dans l'intervalle.

 

Alors quoi, je quitte mon mari et mes enfants ?

 

Merci de votre conseil,

 

Florence

 

PS : à propos, j'ai lu votre Cartographie des Types de Femmes dans "Normale", j'ai rien compris et je ne me suis reconnue nulle part…

 


 

 Chère Florence,

 

Je comprends bien votre problème, c'est cornélien.

 

En même temps, laissez-moi vos donner quelques conseils de prudence.

 

D'abord, ne quittez pas votre mari tout de suite.

Je ne connais pas votre époux, mais il m'a l'air d'être un homme très bien.

Attendez un peu avant de laisser filer un autre homme de votre vie, qui lui a fait ses preuves.

 

Différents cas de figure peuvent se présenter :

 

  1. pour une raison X ou Y (à mon avis plutôt Y, mais admettons), vous ne coucherez pas avec ce collègue : soit vous n'aurez jamais le courage de le lui proposer, soit il vous dira qu'il n'est pas libre, soit vous vous êtes imaginé tout cela dans votre tête, et vous ne lui plaisez pas vraiment, tout est possible ; le plus vraisemblable, c'est que dès que vous lui parlerez de quitter votre mari, vous n'entendrez plus jamais parler de lui ;
    comme vous serez soulagée, alors, d'avoir suivi mon conseil et d'avoir attendu un peu avant de tout dire à votre conjoint !            
    merci qui ?

  2. soit vous allez coucher avec ce collègue, mais vous allez le regretter aussitôt, malgré les efforts et le talent naturel pour la baise de votre nouvel amant ; à peine votre envie assouvie, vous serez instantanément pétrie de remord, vous vous réfugierez dans votre mode de pensée réflexe en cas de crise ("je suis nulle, qu'est-ce que je suis nulle"), et vous filerez retrouver votre famille ;        
    encore une chance que vous ayez fait ça en douce, non ?          
    il ne vous restera plus qu'à résister à l'envie pressante de tout avouer à votre mari, ce qui ne ferait de bien à personne, surtout ne dites rien, gardez le secret jusqu'à la tombe…
     

  3. soit enfin, vous allez coucher ensemble, et ce sera formidable, et vous allez tomber éperdument amoureux l'un de l'autre ; je vous félicite, je suis un peu étonné, ça n'arrive pas tous les jours, d'accord, c'est formidable ;   
    il sera bien temps, dans ce cas de figure, de vous poser à ce moment-là la question de ce que vous devez dire à votre époux légitime :           

·         soit vous quittez votre époux, cris et larmes de l'homme qui vous a supporté toutes ces années, grands yeux plein de reproches de vos enfants en pleurs, divorce épouvantable, puis emménagement avec votre amant, diminution rapide de l'excitation amoureuse et sexuelle des débuts, ressentiment progressif lié à la culpabilité d'avoir brisé une famille, engueulades de plus en plus fréquentes, dépression, rupture, alcoolisme, chômage, cancer, mort

·         soit vous restez avec votre époux, et vous poursuivez une relation clandestine avec votre amant ; la dite relation vous embellit de plus en plus, vous vous sentez désirée, épanouie, votre vie sexuelle enthousiaste rend votre peau douce et vos cheveux soyeux, votre mari se réjouit de votre nouvelle force de vie, il vous couvre de cadeaux et ferme les yeux sur vos dépenses en chaussures et lingerie affriolante, vos enfants s'épanouissent et n'ont plus que des A à l'école, vos parents se rendent enfin compte de la fille formidable que vous êtes, votre nouvelle confiance en vos capacités vous permet enfin de passer Directrice, les émissions de gaz à effet de serre se réduisent par magie, et tout le monde vit heureux jusqu'à la fin des temps     
  

mais bon, vous faites comme vous voulez…

 

 

J'espère que ça vous aide.

 

J'ai fait un peu long, si vous aviez été dans la finance ou ingénieur je serais allé droit au but, mais avec le marketing je sais que vous aimez bien les présentations compliquées avec des acronymes et des images, j'ai fait au mieux.

(si vous aviez été dans les RH, j'aurais fait des dessins)

 

Vous remarquerez tout de même que dans la plupart des cas, il est préférable de rester avec votre mari.

 

Mais au delà de la démonstration qui précède, je voudrais surtout vous mettre en garde contre vous-même : je crains que vous n'analysiez pas la situation avec lucidité (à propos, en ce qui concerne votre type de femme, voyez névrosée / hystérique / pas psychopathe / sans doute dépressive, je dirais Capricieuse ou Suicidaire sur la carte).

 

Ce que vous interprétez comme une attitude protectrice, bienveillante, constructive, de la part de cet homme que vous prenez pour votre mentor, il est possible que ce ne soit juste que du harcèlement sexuel très banal.

 

Vous pensez que cet homme vous écoute et vous guide parce qu'il veut vous aider, mais il ne cherche sans doute qu'à vous sauter. Les explications les plus simples sont souvent les plus vraisemblables.

 

Bon, le harcèlement sexuel, dans votre cas, c'est déjà ça, c'est mieux que l'indifférence, je suis d'accord, je ne veux pas minimiser votre succès dans l'entreprise, bravo.

 

Alors couchez avec lui, je vous en prie, à mon avis ça ne peut vous faire que du bien, élargir vos horizons, entre autres choses, et vous détendre un peu.

 

Mais ne comptez pas trop sur une grande histoire d'amour par la suite, cette aventure a toutes les caractéristiques du feu de paille.

 

 

Ne pas quitter votre mari.

 

Coucher avec votre collègue.

 

Coucher avec votre collègue.

 

Il est d'accord, on peut faire ça dès demain.

 

Oh oui, coucher avec votre collègue.


Aie confiance...

 

 

Valentin

 

 

 

 

 

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Elodie 13/01/2010 19:27


Chère Florence,
Pour sur la culpabilité te rongera mais cela quoique tu fasses :
- Si tu ne couches pas avec lui, tu te sentiras coupable de ne pas avoir été jusqu'au bout de tes envies
- Si tu couches avec lui tu t'en voudras vis à vis de ta famille
- Si tu te prends un râteau tu t'en voudras de lui avoir proposé de coucher avec lui
Dans tous les cas t'es dans la merde. A moins de faire une thèse sur la culpabilité des femmes je vois pas très bien comment t'en sortir...
Enfin vu le commentaire précédent tu es déjà dans la merde et là t'es toute seule ma veille
Bon courage !!!


Valentin Vernoux 13/01/2010 19:32


ouiiii, tout le monde te le diiiiiit, aie confiaaaaance....


Jean Marc (mari de Florence) 13/01/2010 17:36


C'est quoi ce bordel ? C'est qui ce collègue plein de charme ? Et depuis quand tu racontes ta vie sur les blogs ?
Si tu crois que je vais te payer une pension pour aller te faire sauter ailleurs tu peux toujours courir ! Et puis c'est qui ce Valentin ???
A quelle heure tu rentres, il faut qu'on parle!!!