Gaïa, 18 ans, dévoreuse de frigos

Publié le par Valentin Vernoux

 

"Je ferme les yeux devant l’entêtement des hommes à se haïr ,

Devant l’arrogance de ceux qui se croient indispensables, invincibles ou immortels "

 

Mon dieu, oui oh mon dieu « Valentin », je ne sais même plus quoi penser, moi pauvre future quoi déjà ? Ah oui sûrement un truc du genre "gouffre financier" ou  avec un peu de chance si je réussis mon droit "Business Woman / filofax" ou bien encore, oh oui, celui que je préfère, "salope castratrice".

Du haut de mes 18 printemps, en lisant vos articles, je me trouve confrontée à une putain de question : m’a-t-on menti ?

 

Non mais au-delà du "même si ton cœur à l’amour peine, il faut y croire quand même le rêve d’une vie c’est l’amouuuuuuuuur" de Cendrillon. M’a-t-on menti ? L’amour n’existe donc pas ? Ou alors simplement, un amour éternel est impossible ?

J’avoue ne pas avoir assez vécu pour pouvoir répondre à ces question je n’ai pour l’instant aucune idée de ce qu’est la vie de couple, je ne sais même pas ce que c’est que de dormir avec son mec sans faire l’amour comme des chiens fous toute la nuit….

Je ne peux mettre de côté le fait que vous soyez des vieux boucs malodorants, bedonnants, et frisant la calvitie (pouah) en proie à la crise de la quarantaine, mais laissez-moi-vous exposer ma vision des choses concernant l’évolution des hommes.

 

Voici ce que j’ai appris des hommes lorsque j’avais 7 ans :

Comme un homme,

Sois plus violent que le cours du torrent.

Comme un homme,

Sois plus puissant que les ouragans.

Comme un homme,

Sois plus ardent que le feu des volcans.

Secret comme les nuits de lune de l'Orient.

 

Laissez-moi mettre en doute les paroles de cette chanson de Disney.

Ca commence comme ça, à nous faire croire, à nous les filles comme à vous les garçons, que vous êtes les plus super mieux. En fait je me dis (et c’est ce que je me suis toujours dit) qu’à l’origine on a voulu vous mettre ça dans la tête : que vous étiez les plus courageux les plus "puissants", mais comment parler à des trous du cul qui ne savent pas ce que c’est d’avoir ses règles, d’avoir des seins qui poussent, d’accoucher, ou même de devoir subir une levrette mal engagée ?     

 

Le fait que mon monsieur "Love" rate le dernier métro qui lui permettrait de venir dormir chez moi samedi soir (parce que maman est partie faire des folies avec beau-papa) par pure peur de ne pas "assurer", et par-dessus le marché me dit que je ne peux pas lui demander de sortir avec moi alors que ça fait 2 semaines seulement qu’on baise,   je me disais que je pouvais mettre ça sur le compte de l’âge, de la jeunesse, plus précisément de l’immaturité.

 

Mais VOILA, je lis "la solution meurtre" de JF, et je ne peux pas m’empêcher de penser que DEFINITIVEMENT VOUS N’AVEZ PAS DE COUILLES.

Qu’importe l’âge vous n’avez pas de courage.

 

Mais quand grandissez-vous bordel ?

C’est en arrivant, à 40 piges, à des conclusions haineuses sur les femmes qui ont eu la bonté de partager votre vie ?

En ne pouvant pas répondre à un "Dis moi que tu m’aimes mais seulement si tu le pense vraiment" autrement que par "ah oui tiens j’y avais pas pensé mais si tu me le demandes…" (j’y vois ici une fuite, une façon de nier qu’en fait cette "mangeuse d’homme séductrice" a bien fait son trou dans votre vie de petit célibataire) ?

 

Moi je vous dis MERDE, JF pèse tes couilles et tue la ta femme, quant à vous Valentin devenez PD ça nous évitera à nous jeunes filles de comprendre qu’il n’y a rien à attendre des hommes, que vous resterez toujours des avortons complexés et incapable d’aimer une névrosée à sa juste valeur. 

 

Je vais désormais plus sérieusement penser à devenir lesbienne.

 

Gaïa

 


 

 

 

 

Chère Gaïa,

 

C'est trop mignon.

 

A vous lire, chère Gaïa, je me remémore avec nostalgie de ce temps lointain de ma propre innocence, ce temps béni où je croyais encore qu'il suffisait d'aimer grandement pour vivre un grand amour, cette époque oubliée où je n'avais pas encore pris violemment dans la gueule la cruelle réalité, aimer sincèrement n'est pas le plus difficile.

 

J'hésite à vous détromper aujourd'hui.

 

Mais puisque vous aimez les citations, je vous propose celle-ci, qui résume assez bien ce que j'ai appris de positif sur le sujet : "Love is not a feeling, Love is an ability".

 

L'amour, ça s'apprend.

Et pour apprendre l'amour qui dure et qui grandit, il faut en effet désapprendre, parfois dans la douleur, une éducation faite de contes de fées et de proverbes de grand-mères à la con, sans même parler des oukases de la presse féminine.

Il faut comprendre, les yeux grands ouverts, que le couple est aussi le lieu d'expression des vieilles névroses et autres peur primales.

Qu'il s'y joue souvent des enjeux de pouvoir et de prestige social qui n'ont rien à faire là.

 

Je vous rassure, on en sort grandi.

On rebâtit sa vie sur les ruines fumantes d'histoires qui ont échoué, et on rebâtit plus solide à chaque tremblement de terre.

Et on aime toujours.

 

De mieux en mieux, j'espère.

 

 

 

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Camille 07/04/2010 09:33


Et oui Gaïa, ca met en colère quand on s'aperçoit que les hommes ne sont que des hommes mais sache que les hommes font le même chemin et leur colère est toute aussi grande quand ils s'aperçoivent
que les femmes ne sont finalement que des femmes.
Ce n'est que quand l'un et l'autre ont fini leur deuil que le vrai amour peut se trouver, enfin il me semble.
Mais bon vivons sans y penser, deux névroses compatibles finissent toujours par se trouver sans qu'on le décide vraiment.


Le Vengeur Masqué 06/04/2010 17:11


Madame, monsieur,

Ayant lu le message de Gaïa ainsi que la réponse de monsieur Valentin, une seule grande idée semble sortir de ces discours et qui, pour l'ensemble, ne relève que d'une expérience personnelle et
donc très subjective. Ce que je retiens donc, c'est l'échec totale d'une vie sentimentale forte. D'une confiance dans l'autre partenaire disparue. Tout paraît plat, sans passions, ni folie. D'un
côté la déception lié à une malchance quant au lot d'hommes rencontrés dans sa belle adolescence, de l'autre la remise en cause d'un amour idéal sûrement lié à un pragmatisme bien développé et
surtout une vision sceptique, et à mon gout plus assez rêveuse, de la vie!
Alors certes l'expérience est un argument de poids, mais qui saurait faire l'impasse sur celle des autres? Si on parle d'amour depuis tant de millénaires, et si cela fait tant jaser, c'est bien que
dans le fond il y deux extrêmes!
Chère Gaïa soyez forte, des hommes bien il y en a! Quant à Monsieur Valentin, on devient plus fort après chaque désastre, je vous l'accorde. Mais l'aspect de pouvoir dans la relation conjugale
n'est pas universelle et ne dépends finalement que du tempérament des deux concernés. Ce serait trop rabaisser l'indescriptible. Enfin rationaliser est un atout, en faire sa devise est parfois
dangereux surtout sur ce genre de sujet. Non seulement on en deviendrait trop libertin. Mais si les grands-mères nous radotent tant de -trop?- belles histoires, c'est qu'il doit y avoir quelque
part une vérité.

Agréablement votre.


Valentin Vernoux 06/04/2010 21:22



Mon petit concombre, je ne voudrais pas te faire de peine, mais là tu déconnes...


Penser que nos grand-mères savaient quelque chose de l'amour comme on l'espère aujourd'hui, c'est billevesées et compagnies ; nos grand-mères faisaient des mariages arrangés et raisonnables et
pragmatiques, et ne se posaient plus trop de questions vu que de toute façon il n'y avait pas tellement d'échappatoires (mis à part éventuellement prendre un amant, et bien sûr le veuvage...).


Si Gaia et moi-même sommes d'accord sur un point, c'est bien sur la nécessité de se débarrasser de tout ce fatras culturel / traditionnel / proverbial pour vivre sa ou ses relations de couple en
fonction de l'envie et non des carcans imposés.


Nous ne sommes pas complètement d'accord sur le projet à réaliser une fois les modèles mis à terre, mais au fond, choisir des voies différentes est bien la conséquence inévitable de refuser
collectivement de se conformer à un moule.


Et croyez-moi, cher concombre, la lucidité n'empêche certainement pas la passion ni l'enthousiasme, on peut fort bien être rationnel et se fier à son instinct ; c'est en tout cas mon projet.


Je vous conseille de nouveau mon chapitre "Compétences", vous y trouverez tout cela exprimé avec plus de nuances.


Amicalement,