La Nuit du Mari (3 & Fin)

Publié le par Valentin Vernoux

Previously dans "La Nuit du Mari" : Max, mari jaloux, a fait irruption chez notre héros pour retrouver sa femme Christine ; notre héros, qui perd semble-t-il la mémoire quand on lui met des baffes, a mis un certain temps avant de se rappeler qui est donc cette fameuse Christine, et ce d'autant qu'elle avait dit s'appeler Jessica ; sur ce, Pauline s'est enfin réveillée de sa sieste.

 


 

 

 

"Valentin, tu ne me présentes pas ton ami ?"

 

Pauline se tourne vers moi, interrogative.

 

Max se tourne vers moi, au bord de la syncope.

Max bave dangereusement.

 

"Euuuh, oui, bien sûr, alors Pauline, je te présente Max, Max, je te présente Pauline".

 

Pendant qu'ils se font la bise en se proclamant mutuellement enchantés, j'essaie de clarifier la situation pour Pauline, autant la prévenir qu'elle risque le carnage à coups de coupe-coupe...

 

Quoique Max a l'air vachement calmé, tout d'un coup.

 

Mais clarifions :

 

"Alors en fait, Max est le mari de Christine, non cherche pas tu ne la connais pas, donc Max a une femme qui s'appelle Christine, et tu vas rire, il pensait la trouver chez moi, mais en fait c'est un malentendu parce qu'en fait moi je ne connaissais que Jessica et alors je ne l'ai même pas sautée, je précise".

 

Pauline me regarde avec son regard de Valentin-qu'est-ce-que-tu-as-encore-fait.

 

Combien de fois il faudra que je le répète : je n'ai rien fait !

 

Il ya des fois où j'ai fait, je le confesse, mais là non, pur hasard peut-être, mais cette fois-ci je suis innocent.

 

Et tout à coup, elle remarque que j'ai le nez gros comme un melon et un œil tout bleu et tout gonflé, on dirait une prune bien juteuse.

 

 

Pauline :    Mais Valentin, qu'est-ce qui t'est arrivé ?

 

Moi :          Ben c'est une longue histoire, tu vois, mais en fait Max pensait vraiment que je me tapais sa femme, alors il était un peu énervé au début, mais comme je le précisais plus haut, tout ceci n'est qu'un affreux malentendu, je n'ai jamais niqué Jessica, euuuuh Christine non plus, enfin je n'ai niqué personne, c'est pas moi

 

Pauline :    Oh Valentin, tu as refusé de coucher avec une pauvre fille à cause de son prénom ?

                 Mais c'est très joli Jessica, comme prénom

 

Moi :          Ah mais non mais pas du tout, tu as du mal comprendre, non mais moi de toute façon ça n'avait rien à voir avec le prénom, je n'ai pas couché avec elle, c'est tout

 

Max :         Elle n'était pas assez bien pour toi, ma femme ?

 

Moi :          Ah mais si mais si, reste calme, ne va pas te faire des idées, si si elle est très bien ta femme, ça lui va très bien d'avoir perdu des kilos, j'adore sa coiffure, mais voilà, ça arrive, il ne n'est rien passé, on n'a rien fait, c'est pas nous

 

Max :         Donc en fait tu avais envie de te taper ma femme ?

 

Moi :          Non mais non mais tu m'embrouilles, là, oui, ta femme est très mignonne, oui d'accord me frappe pas, je cicatrise mal, OK, elle est plus que mignonne, elle est très belle, je la respecte et tout et tout, mais je ne savais pas qu'elle était mariée, d'ailleurs je pensais qu'elle s'appelait Jessica c'est bien la preuve, et si j'avais su qu'elle était mariée, enfin, bon, si j'avais su qu'elle était mariée avec toi, enfin si j'avais su qu'elle était mariée à une armoire à glace qui trimballe une machette pliante dans son jean, je te jure, je ne l'aurais même pas regardée...

 

Pauline :    Hmmmm, tu as une machette dans ton jean, Max ? Elle est où ?

 

Max :         Huh ? Gmnriflrxxx...

 

Pauline :    Mais alors, Max, c'est toi qui as mis Valentin dans cet état ?

                 Tu as bien raison, Valentin, il peut être un très vilain garçon, il ne faut pas lui faire confiance...

                 Et toi, Max, tu peux être un très vilain garçon, aussi ?

                 Ohlalalalaaa, mais tu as de très gros muscles, tu fais du sport ?

 

Max :         Hughfrnfrnfrn ?

 

 

 

Ah ben manquait plus que ça, tiens.

 

Plus personne ne s'intéressait à moi, tout d'un coup.

Je suis allé me resservir un whisky pendant que Pauline mettait le turbo, ce gars-là n'a aucune chance, elle est redoutable, Pauline, on ne résiste pas à Pauline.

Enfin, pas longtemps.

Moi, j'ai tenu dix-sept minutes, et je considère ça comme un exploit personnel, un témoignage de mon contrôle sur moi-même.

 

Max, à mon avis, il craque en moins de dix minutes.

 

Ah ben voilà, même pas, il a déjà craqué, je crois bien qu'il a la langue de Pauline au fond de l'œsophage, juste là, et je ne veux même pas savoir où est la main de Pauline.

 

Pauvre gars, il était perdu d'avance.

 

Ah ça, d'ici peu, il va moins la ramener avec le sacrement du mariage et la vertu de la fidélité dans le couple, Max.

Je la connais un peu, Pauline, après quelques heures avec elle, on a tendance à être moins dogmatique.

Et plus détendu.

 

Merci, Pauline, on vient d'écarter la menace de boucherie à coup de couteau, c'est déjà ça.

En cas de mari jaloux, prévoir une Pauline de sécurité.

 

De toute façon, je le dis depuis longtemps, on devrait toujours avoir une Pauline à disposition, au cas où.

En tout cas, aujourd'hui, elle aura bien servi.

 

 

* * *

 

Ils ont continué à se manger la bouche en ronronnant sur le canapé, il y avait des mains qui se baladaient un peu partout sur des peaux qui ne demandaient que ça, Pauline était toujours à moitié à poil, je regardais ailleurs autant que possible, et là, c'est dans ce genre de situation que je remercie le ciel d'avoir inventé les alcools forts.

 

J'ai bien un peu hésité à aller les rejoindre, après tout Pauline aurait sans aucun doute su faire face au challenge, ça aurait bien conclu une journée globalement surprenante, mais j'ai eu peur de mettre en péril la fragile relation qui me liait désormais à l'autre psychopathe.

 

Comme quoi j'ai des principes.

 

Alors j'ai consciencieusement fini la bouteille de single malt, en bandant comme un taureau et en attendant qu'ils s'en aillent.

 

 

Ce qui a fini par arriver, rassurez-vous.

 

Pauline a prétexté qu'elle avait un peu peur de rentrer chez elle toute seule, Max a proposé de la raccompagner, Pauline a minaudé que ce serait super sympa mais elle ne voulait pas abuser, et Max s'est laissé abuser.

 

Pendant que Pauline allait quand même passer une petite culotte avant de sortir dans la rue, Max, un peu gêné, a tenté de me dire au revoir aussi virilement que possible.

 

Ah ben oui, ça fait moins le malin, maintenant, le yéti au canif, hein, ça débarque chez les gens, ça met des baffes sans discernement au prétexte que peut-être, on aurait niqué votre épouse, et puis deux heures plus tard ça se barre avec la gonzesse du maître de maison...

 

C'est du propre, je vous jure.

 

Mais non, Max, je déconne !..

 

T'inquiète, il n'y a pas de malaise, vas-y, rentre avec Pauline, tu vas voir tu ne regretteras pas, c'est de la bombe cette fille, allez je t'en prie c'est cadeau, ça me fait plaisir...

 

Et à propos de ta femme, vraiment désolé, oui je sais tu ne pouvais pas savoir que justement celle-là, je ne l'avais pas niquée, non mais tu rigoles, pas de souci, quelques baffes, tu parles, même pas mal, non mais par contre, bon, désolé pour toi, hein…

Parce que bon, si ce n'est pas moi qui la nique, ça veut dire que ce fameux amant court toujours...

 

Oui, je comprends, bien sûr, maintenant que tu vas passer la petite blonde à forte poitrine à la casserole dans quelques minutes, ben oui, forcément, l'amant de ta femme ne parait plus aussi important, oui, je vois ce que tu veux dire...

 

Bon allez Max, serrons-nous la main, sans rancune, je suis sûr que tu es un type super, reste cool, passe une bonne soirée, enfin bon ça je n'ai pas trop d'inquiétudes, et bonne chance à toi et à ton couple, je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous les deux.

 

Et salut, Pauline, hein, j'ai été ravi, reviens quand tu veux, on se rappelle ma chérie...

 

 

* * *

 

Pfffff, quelle journée, quand même.

 

Enfin bon, je voulais que Pauline s'en aille, ça c'est fait.

 

Quand même, quel enfoiré ce Max, il s'est barré avec ma copine, le salaud.

D'abord il me file des baffes que je n'avais même pas méritées, et ensuite il me pique ma gonzesse.

Oui, je sais, je cherchais justement à la chasser, Pauline, mais quand même, ça ne se fait pas.

C'est une question de principes.

 

D'accord, d'accord, Pauline était un petit prix à payer pour finir la soirée en un seul morceau.

Merci Pauline.

Merci pour tout, d'ailleurs.

Quel cul, quand même.

 

Dans l'ensemble, je m'en tire bien.

Je crois même que je commence à dégonfler du visage.

 

Je boirais bien un coup, mais j'ai fini le whisky.

 

Je me sens tout désœuvré tout d'un coup, ce retour au calme est un peu déprimant.

Que faire de ma soirée ?

 

Il me semble que j'oublie un truc.

Je m'étais dit que j'avais un truc à faire, mais quoi ?

Il me semble que plus tôt, je m'étais dit un truc, genre, Valentin si tu t'en sors, n'oublie pas, il faudra que tu fasses ça...

 

Mettre un cierge à St Kasett, patron des amours clandestines ?

Non, c'est pas ça...

 

Ah ça m'énerve, en ce moment j'oublie tout.

 

 

 

Ah mais oui, mais je suis con !

Mais bon sang mais c'est bien sûr, j'allais oublier…

 

Où ai-je mis mon téléphone ?

 

Driiiiing.

 

"Allô, Jessica ?

Salut c'est Valentin...

 

Oui ça va très bien, et toi, toujours aussi ravissante ?

 

Dis-moi, tu vas rire, mais je sais de source sûre que ton mari ne va pas rentrer très tôt à la maison ce soir, et je me disais, depuis le temps qu'on en parle, il serait peut-être temps qu'on se revoie, non, toi et moi ?

Depuis le temps qu'on a envie de coucher ensemble...

Oui, je sais bien que tu en as envie aussi...

 

Ecoute, je sais que tu es mariée, je comprends ta réticence à tromper ton mari, j'ai toujours respecté ça, mais je t'assure, là, dans les jours à venir, il ne va pas trop la ramener, ton mari...

Et puis on a un genre d'arrangement, lui et moi, il va être très compréhensif.

 

Alors voilà, je pensais à toi ce soir, je pensais à ce papillon sur ton omoplate, et je me disais que j'avais très envie de te prendre en levrette, alors voilà, je t'appelle.

 

Comment je suis au courant de tout ça ? Le papillon ? Ton mari ?

 

Ma chère Jessica, c'est une longue histoire, que je serai ravi de te raconter en détails tout à l'heure...

 

Je mets le champagne au frais, arrive dès que tu peux.

 

A tout de suite, ma chérie".

 

 

Je vous jure…

 

Le temps qu'on perd en négociations...

 

 

 

 

( Fin ! )

 

 

 

 

Publié dans 21 La Nuit du Mari

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Commenter cet article

tykayn 15/11/2010 03:30


heureusement que Pauline avait enmmené son cul avec elle!
hm et sinon, quelle idée que d'ouvrir sa porte a un inconnu sans préparer un fusil a pompe pour lui dire bonjour. ;)


Max 08/05/2010 19:22


Eh p'tit con, je t'avais dit de rien raconter de cette histoire et toi, tu balances tout sur internet...Mon poing dans ton nez prochainement MONSIEUR le dandy du web!
PS : J'aurai du te baffer un peu plus l'autre soir.
PS2: T 'aurai pas le numero de Pauline, je crois que je l'ai perdu
PS3 : Tu fumes quoi comme cloppes?


Valentin Vernoux 11/05/2010 08:49



Oui, alors le numéro de Pauline, c'est 06 79 03 30 04, bonne chance !



Camille 23/04/2010 11:23


Oui c'est juste une idée de fin qui m'a traversé l'esprit mais vrai c'est pas comme ca.


Camille 22/04/2010 20:01


Petit un :Tss tss
Petit deux : Spa drôle je me doute toujours de la suite.
Petit trois : Enfin pas tout à fait, je me suis dit Jessica (et 3 kiens (vive les chtis) oui je sais lamentable, de toute façon pour choisir un nom pareil elle peut être que chti)est une copine de
Pauline, elle a du laisser trainer exprès ton adresse pour brancher son mari avec Pauline (dans la confidence bien sur pour aider sa copine) afin de s'en débarrasser. Nan parce qu'avec ce genre de
limité du bulbe,ca doit pas être drôle tous les jours.


Valentin Vernoux 23/04/2010 07:48



elon mon expérience, ça me ferait mal que les femmes soient aussi rationnelles et organisées...