Phéromones (10)

Publié le par Valentin Vernoux

 

Previously dans Phéromones : alors que tout le monde cherche Germaine, notre héros cherche Emma, c'est pas possible il faut quand même qu'on se parle ; mais il tombe sur Pauline, et apparemment Pauline voudrait du sexe, là maintenant tout de suite…

 


 

 

"Allez Valentin, ne fais pas l'innocent,   
quand est-ce qu'on s'envoie en l'air tous les deux ? "

 

Pauline ?

 

S'envoyer en l'air ?

 

Là maintenant ?

 

Mais euuuuh, Pauline…

 

Huh ?

 

"Oh Valentin, ne fais pas cette tête-là, je sais bien que tu en as envie, j'ai bien vu comment tu me regardes depuis le début du week-end, alors voilà, moi je suis open, on monte dans ma chambre ?'

 

Huh ?

 

Mais euuuuuh…

 

"Mais Pauline, excuse-moi, je suis très flatté, tu me prends un peu au dépourvu, juste là, mais dis-moi, sans vouloir me mêler, dis-moi, euuuuuh, tu n'étais pas un peu avec Gaston ?"

 

Pauline éclate de rire.

 

"Mais enfin Valentin, qu'est-ce que tu peux être vieux jeu !

Mais Gaston c'est du passé, c'était juste un coup comme ça, tu ne vas pas me faire une crise de jalousie, non ?"

 

Euuuuh non, pas de crise de jalousie, non non, j'essayais juste de comprendre, un réflexe idiot, désolé.

 

Mais elle continue, elle vient d'une autre planète, et sur son vaisseau-mère apparemment on dit absolument tout ce qu'on pense, et on n'a absolument aucun filtre, et on n'a absolument aucun concept de honte ou de gêne ou de donner à ses interlocuteurs le temps de reprendre leur souffle.

 

"Allez Valentin, on s'en fout de Gaston, moi je l'ai juste allumé pour le plaisir de piquer le copain de ma sœur, moi ce week-end j'ai décidé de m'amuser, je sors d'une histoire compliquée avec un mec, ce week-end je me lâche, j'ai déjà sauté trois personnes depuis qu'on est arrivé, tu ne veux pas faire le quatrième ? Hi hi hi…"

 

"Mais eeeeuh, enfin Pauline, enlève tes mains de mon pantalon s'il te plait, attends un peu, mais enfin quoi, mais euuuuh !"

 

"Ben quoi, je ne te plais pas ?

Allez, je sais bien que je te plais, mon cochon, allez mon petit quatrième arrête de résister, allez viens on monte, je suis toute mouillée, ca m'excite à mort, ma sœur est tellement folle de toi, j'adooore foutre la merde…

Je vais te faire la totale, tu n'as jamais vu ça, ça me met toujours dans des états pas croyable de piquer les mecs de ma sœur, ça va être ta fête…"

 

Huh ?

 

Help !

 

Au secours…

 

Mayday, mayday, mayday, nous perdons de l'altitude, les contrôles ne répondent plus, nous sommes perdus, le crash est inévitable…

 

Toute mouillée ?

La totale ?

Ca va être ma fête ?

 

Mais je ne suis pas du tout programmé pour résister à ce genre de tentation, moi…

 

Et vous avez vu ces seins ?

Et ce cul ?

La totale, c'est comment la totale ?

Il y a quoi inclus, dans le forfait "la totale", précisément ?

 

Help….

 

Vite, réfléchir, vite.

 

Je suis agressé par une névrosée-hystérique-psychopathe pile-poil mon genre de femme, j'en ai épousé deux, à ceci près qu'elles n'ont jamais désiré mon corps de manière aussi convaincante…

 

Juste le genre de femme que je me suis promis de ne plus jamais approcher.

Question de survie.

 

Mais vous avez vu ses seins ?

Et ce cul ?

Oui je l'ai déjà dit, mais vous avez bien regardé, allez ne faites pas l'innocent, regardez encore un coup, franchement…

 

Et elle dit qu'elle est toute excitée, est-ce bien prudent de rajouter la frustration à la névrose ?

Je pourrais me dévouer, pour son bien…

 

Remarque, apparemment elle n'est pas en manque, déjà trois amants en moins de deux jours…

Trois ?

Mais c'est qui les trois ?

Gaston, un…

Mais c'est qui les autres ?

Et où est-ce qu'elle trouve le temps ?

Mais c'est une insatiable, cette fille…

 

Arrête de bander Valentin.

 

Non mais non mais non mais non mais non.

Il ne faut pas.

Ca va très mal finir cette histoire.

 

Je te rappelle, mon petit Valentin, arrête de bander quand je te parle ça me déconcentre, je te rappelle que tu es venu à ce week-end avec ta copine, déjà, Valentine, tu te souviens de Valentine, elle habite plus ou moins chez toi, une rousse canon avec des cheveux, ça y est tu te rappelles, bon donc déjà tu es ici avec ta copine.

Et puis en plus il y a Emma, tu vois de qui je veux parler, la grande sœur de la petite folle, Emma bisous dans la tour, Emma déshabillage effréné dans sa chambre hier soir, Emma que justement tu cherchais pour lui parler il n'y a même pas cinq minutes…

 

Qu'est-ce qu'elle a dit Pauline ?

 

Elle a dit "ma sœur est folle de toi", à un moment, non ?

Emma est folle de moi.

Je le savais, mon amour, ma chérie, j'arrive, je vole, j'accours.

 

"Ecoute Pauline…"

 

 

* * *

 

Mais je n'ai pas eu le temps de finir

 

Alors que je cherchais mes mots pour décliner poliment l'invitation de la petite folle du cul (mais quel cul), Fabrizio est sorti en trombe sur la terrasse, nous passant devant sans même nous prêter attention.

 

En reboutonnant sa chemise.

Et son pantalon.

En se rhabillant, quoi…

 

Manifestement, quelqu'un a encore eu droit à une session lingerie privée.

Et nos discussions dehors ont sans doute interrompu la chose…

 

Oh le salopard !

 

Je le savais, le salopard, je le savais !

 

Il vient encore de se taper Valentine, l'enfoiré !

 

Mais cette fois-ci, hors de question de jouer les maris cocus complaisants, cette fois-ci je vais chopper Valentine sur le fait, cette fois-ci pas de quartiers…

 

Je me précipite à l'intérieur, Fabrizio est sorti par là, elle ne doit pas être bien loin…

Je vais la prendre sur le fait, en train de se rhabiller comme une gourgandine, que dis-je, comme une femme de mœurs dissolues, je vais lui passer le savon de sa vie, je vais la…

 

 

Je n'ai pas eu à chercher bien loin.

Il n'y avait qu'une personne à l'intérieur, dans le couloir.

 

Mais ce n'était pas Valentine.

 

C'était Emma.

 

 

Oh Emma.

 

Comment as-tu pu me faire ça ?

 

 

 

 

( à suivre )

 

 

 

Nota Bene : et pendant ce temps-là, Emma








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