Phéromones (15 - Epilogue)

Publié le par Valentin Vernoux

 

Previously dans Phéromones : on a bien cru que ça y était, cette fois-ci… Emma et notre héros, dans les fourrés, à moitié à poil, tous deux maintenant presque séparés de leurs conjoints respectifs, rien ne pouvait plus empêcher l'inévitable…

 

Mais c'était sans compter l'imagination débordante des auteurs ; au moment crucial qui sépare généralement un film rose de M6 d'un authentique porno Canal+, je veux parler de la pénétration, au moment crucial donc, Germaine a débarqué dans le fourré (ce n'est pas une contrepèterie) pour se pendre à un arbre, sous prétexte que Cathy et Pauline auraient filé à l'anglaise…

 

Ca devient n'importe quoi cette saison 3, même les résumés sont incompréhensibles.

 


 

 

 

Oh ben nooon, Germaine, quoi…

 

On y était presque.

 

Pfff.

 

Si Germaine avait su faire les nœuds, ma vie affective, sentimentale et sexuelle aurait sans doute été très différente par la suite.

 

Mais Germaine ne savait pas faire les nœuds, et Germaine n'avait pas pensé qu'avec toutes les poutres apparentes dans ce château, il n'était pas forcément nécessaire de trouver un arbre pour se pendre.

 

Ni d'ailleurs de le chercher dans ce fourré précisément.

Les petits arbrisseaux qui nous entourent n'auraient jamais supporté ton poids, ma pauvre Germaine.

Fais un régime d'abord, tu te pendras quand tu auras perdu dix kilos, ce sera mieux.

 

Ou encore si Pauline et Cathy n'avait pas décidé juste à cet instant de partir filer le parfait amour loin de toute cette confusion…

Remarquez, je les comprends, ce n'est pas facile de se concentrer sur le sexe dans ce contexte quelque peu chaotique.

Mais bon, là, votre petite escapade romantique impromptue et clandestine au beau milieu de notre petite partie de jambe en l'air à nous, ça ne nous arrange pas trop.

 

D'ailleurs Germaine, puisque tu es là, il faut aussi qu'on te dise, la dernière fois qu'Emma et moi sommes enfin parvenu au stade "mettons nous tout nu", c'est ta disparition à toi qui nous a interrompus en plein effort.

 

Enfin…

 

Ce n'est pas avec des "si" que je vais mettre Emma en émoi.

 

Alors on s'est rhabillé.

 

Après tout, tout cela était sans doute un signe du destin.

 

Emma, mon amour, je crois qu'on n'y arrivera jamais.

 

 

* * *

 

"Oh écoute, Valentine, je t'assure, là, tu me les brises…"

 

Emma était repartie au château avec Germaine.

Je me suis retrouvé tout désœuvré, limite penaud.

Alors je suis retourné à la chambre, pour descendre les valises.

Autant s'occuper utilement.

 

Mais dans la chambre, j'avais oublié, il y avait toujours Valentine.

 

Valentine, toujours en pleine crise existentielle, si l'on en juge par le nombre de vieux kleenex usés qui jonchent le sol autour d'elle.

Valentine, secouée par les hoquets, le visage boursoufflé par des heures de sanglots.

Valentine, en grand besoin vital d'une conversation à haute charge émotionnelle.

 

Bref, Valentine moche et casse-couilles.

 

Et après on s'étonne que je manque de patience dans ces moments-là.

 

Evidemment, elle veut qu'on parle.

Evidemment, elle veut savoir si j'étais avec Emma.

Evidemment, elle veut savoir si je vais la quitter, si elle rentre avec moi en voiture, si je pourrai un jour la pardonner, si je l'aime encore…

Evidemment.

 

Mais qu'est-ce que j'en sais, moi ?

 

Valentine, ce n'est pas le moment, tu me casses les bonbons.

 

Oui, bien sûr, je te ramène à Paris, je ne vais pas te laisser rentrer à pieds, qu'est-ce que tu racontes, oui, tu pourras dormir à la maison, mais ça va pas la tête, je ne vais pas te jeter sous les ponts non plus, tu délires ou quoi ?

 

Et arrête de me demander si je vais te quitter, je n'ai pas la tête à ça, franchement ce n'est pas le moment.

J'ai aussi des soucis de mon côté, tu comprends ?

 

Mais pourquoi elle se remet à pleurer ?

 

Aaaah, ça ?

Mais oui, bien sûr, arrête de pleurer, ce n'est pas ce que je voulais dire, oui bien sûr la question de savoir si on va se séparer, c'est aussi un souci pour moi, bien sûr…

Si, je t'assure, j'y pense beaucoup.

Je voulais juste dire que j'ai aussi d'autres soucis à part ça.

Non, rien, des soucis, non tu ne peux pas m'aider, non c'est personnel.

 

Non, Valentine, me demander si je vais te pardonner, c'est la même question que de savoir si je vais te quitter.

Si, je te promets, c'est la même question.

Et on a dit qu'on parlerait de ça plus tard.

Oui, d'accord, c'est moi qui l'ai dit, pas toi.

 

Ooooh, arrête de couiner, tu m'énerves.

 

Ecoute, Valentine…

 

"Ecoute, arrête de pleurnicher comme ça, je n'ai pas de réponse pour toi, je n'en sais rien, je ne sais pas si j'ai encore envie d'être avec toi, je ne sais pas si on peut recoller les morceaux, arrête de me poser toujours la même question, je ne sais pas !"

 

Elle se remet à hoqueter, tout en partant dans une diatribe confuse à base d'auto-flagellation pour ses infidélités et pour son attitude générale, mais je ne comprends pas tout parce que la plupart des consommes sont avalées dans les reniflements, oh ce qu'elle m'horripile quand elle est comme ça, on ne comprend rien de ce qu'elle dit et en plus ça lui prend une plombe pour finir une phrase…

 

Valentine, arrête…

 

"Oh écoute, Valentine, là il faut que tu te calmes, tu es ridicule, ma pauvre, c'est n'importe quoi…

Et arrête avec tes sauteries du week-end, je t'assure, vraiment, si on pouvait parler d'autre chose ce serait parfait…

Si tu veux la vérité, tu vois, je vais te dire, le vrai problème c'est que je m'en fiche complètement que tu te sois tapé Fabrizio et Pauline, en fait…"

 

Ah ben tiens, ça, ça l'a calmée tout net.

Elle s'est arrêtée de pleurer, elle me regarde avec des yeux écarquillés.

Boursoufflés, mais écarquillés.

 

"Oui, je m'en fous, Valentine.

 

Je ne vais pas te dire que ça me fait plaisir, non plus...

Ca pique un peu, on a sa fierté…

Mais au fond, je me dis que tu as bien fait, que tu as eu raison d'en profiter.

Et ça me laisse au final plutôt froid.

 

Franchement, le seul truc qui me chagrine, c'est que ça ne t'ait pas mise de meilleure humeur…

Tu étais déjà passablement casse-couille AVANT de te faire sauter par les deux abrutis, et depuis, tu es encore plus chiante qu'avant, tu pleures sans arrêt, tu as une tête c'est n'importe quoi, non mais regarde-moi ça dans quel état tu t'es mise…

Et tu me broutes les burettes avec ta culpabilité à la con.

Vraiment, on ne peut pas dire que ça te réussisse, l'infidélité, sur le plan de l'épanouissement de la déesse qui est en toi, ce n'est pas encore ça…

 

Alors qu'en fait, si tu avais pris ton pied et si tes petites aventures t'avaient toute bien épanouie, si tu rayonnais de bonheur et de joie de vivre, je m'estimerais vraiment chanceux que tu aies eu l'occasion de te faire sauter, et que du coup tu sois douce et agréable pour moi de retour à Paris…

Mais il ne faut pas rêver, je suppose.

 

A part ça, tes petites histoires de cul du week-end, vraiment, ni chaud ni froid.

J'avais moi-même un peu la tête ailleurs, comme tu l'as peut-être remarqué…"

 

Elle me regarde, l'air atterré.

Les yeux exorbités.

La bouche ouverte.

Les narines toutes humides.

 

Il est temps de conclure, je crois, elle va me faire une attaque.

 

"Alors maintenant, Valentine, tu arrêtes de me demander si je vais te quitter…

 

Et tu te poses plutôt la question de savoir si toi, tu as vraiment envie de rester avec moi, avec un type qui s'en fout si tu vas voir ailleurs…

 

Et avec lequel tu ne sais plus que t'engueuler.

 

Réfléchis, et dis-moi.

Je ne peux pas faire mieux"

 

Elle est restée totalement immobile pendant une éternité.

Et puis les soubresauts ont repris.

Et elle a recommencé à pleurer toutes les larmes de son corps.

 

 

* * *

 

Je suis sorti fumer une cigarette, je l'avais bien mérité.

Après une conversation à forte charge émotionnelle, je mérite toujours une clope.

Un gin-tonic serait le bienvenu, aussi.

 

Dans l'ensemble, je trouve que j'ai bien géré cette partie de l'histoire.

 

D'abord, en fin de compte, je ne vais pas avoir à décider si je quitte Valentine.

Autant lui laisser faire le boulot.

Et prendre le choix sur ses épaules.

C'est déjà ça.

 

Et puis, j'ai eu ma petite vengeance.

Je n'allais quand même pas la laisser s'en tirer comme ça avec ses infidélités, non plus.

Et il n'y avait rien de plus méchant que de lui dire que je m'en fous.

 

 

* * *

 

C'est la fin.

Tout le monde rentre à Paris.

Allez, bisou, on file.

On voudrait éviter les bouchons.

 

Devant le château, Emma et Germaine montent dans leur voiture, elles aussi.

 

Comme prévu, Gaston n'est pas du voyage.

 

Tout d'un coup, Valentine débarque en courant derrière moi, un sac à la main.

 

"C'est le sac d'Emma, elle l'a oublié dans l'entrée…"

 

Mais elle s'arrête net, et se retourne vers moi.

Elle tente un sourire apaisé.

 

"Tu veux lui donner ?"

 

Oui, je veux.

 

Je cours après Emma.

 

Je lui donne le sac.

On échange quelques mots confus.

On s'embrasse sur la joue.

 

Et la voiture s'éloigne.

Et j'ai le cœur un peu serré.

 

 

 

Et puis je descends nos valises.

Et je charge tout dans le coffre.

 

Et Valentine s'assoit dans la voiture.

 

Apparemment, on rentre ensemble.

 

 

 

 

( à suivre dans la Saison 4 ? )

 

 

 

Nota Bene : et pendant ce temps-là, Emma

 

 

 

 

 

 

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Marie 13/04/2010 00:56


Vivement la saison quatre, j'ai tout lu d'une traite, ça rappel un peu les deux de l'amour mais ces rebondissements sans précédents mettent vraiment du piquant à l'histoire !


Luces Skywalker 08/03/2010 11:49


bravo bravo! j'avais un peu manqué à mon devoir de lectrice ces derniers temps, et du coup je viens de lire tout phéromones d'un coup, hilarant, on a pas envie que ça s'arrête! je te fais une liste
détaillée de mes passages préférés à Paris!

ps: vu que j'ai tout lu d'un coup j'ai plus les idées très en place, mais il me semble qu'on ne sait toujours pas qui a assommé Emma avec le chandelier dans la chambre rose!?!


Valentin Vernoux 08/03/2010 12:30


Si tu as lu les épisodes d'Emma, tu aurais dû avoir la réponse à cette question vers l'épisode 13 ou 14...

Ravi que ça t'ait plu en tout cas, on s'est bien amusé à l'écrire, on avait fait un script détaillé au préalable et tout et tout, on se serait presque pris pour des scénaristes de série télé !

On se voit tjrs vendredi ?