Prune, 38 ans, Financière de haut vol, et commentatrice assidue de ce blog

Publié le par Valentin Vernoux


Monsieur, ou Valentin, comme vous préférez.


J'ai découvert votre blog il y a peu de temps. Il m'était recommandé par une amie, une amie chère bien que nous soyons fort différentes. Et en matière littéraire, nous ne sommes pas toujours d'accord elle et moi. Mais comme elle m'est chère et que je lui fais confiance, je suis allée lire ce dont elle parlait.


Aussi, je suis déjà intervenue, en répondant par commentaire à certains de vos articles.
Je prends le temps de vous écrire plus longuement cette fois.


Sur la forme, je ne me permettrai aucune réflexion. Ou plutôt si, une, une seule : j'apprécie votre écriture. Et j'avoue même avoir eu envie de sourire par moments. Par moments seulement.


Sur le fond...sur le fond je comprends mal l'engouement de mon amie pour ce que vous osez écrire. Oui, bien sûr, beaucoup de femmes se plaisent à écrire sur les hommes, et se complaisent à vouloir être plaintes. De banalités en généralités, elles voguent en pleine misère.

Car loin de vous, soyons franches, nous sommes bien peu, même si près de vous, bien souvent, nous nous ennuyons. Eternel dilemme.

 

Cela dit, je vous vois peu, mal, ou bassement, évoquer la question des sentiments. Aussi je me demande si vous les dissimulez volontairement, ou si vous vous contentez de raconter un certain nombre d'anecdotes destinées à faire sourire vos amis, et j'entends amis comme composé uniquement du genre masculin.


En fait, j'ai ma théorie. Vous aimez; vous avez aimé. Et vous voulez aimer encore. Mais quelle faiblesse que de l'avouer...comment vous, un homme, pourriez-vous tomber ouvertement, officiellement, dans le "fleur bleue", au risque de devenir le sujet de moqueries de vos congénères.

Qui tout autant que vous aimeraient être plus fragiles, plus sensibles, ou tout du moins pouvoir plus le montrer, sans se sentir devenir la risée des copains de bars.


Oui, bien sûr, nous pouvons tous sourire des propos des uns et des autres sur les uns et les autres. Mais au fond, nous cherchons tous ce qui nous fait avancer et nous freine en même temps, l'amour. Non, l'Amour.


Je vais vous faire une confidence. J'aime. J'ai aimé. J'ai refusé de l'avouer. Ma défense a été le cynisme, la froideur, la distance. Je croyais éviter de souffrir grâce à cette attitude. Je me trouvais forte, pouvant parler de cet homme avec lequel je vivais en y mettant le plus de détachement possible. En en riant parfois, en m'en moquant de temps en temps.
Je l'ai perdu. Du moins, je le crois, je le crains, et je suis terrorisée à cette idée. Est-ce ridicule? Je n'en sais rien. Je sais que j'ai mal.


Alors vos propos monsieur, sont sans doute à prendre au deuxième degré. Tout autant qu'il faudrait n'y voir qu'une de vos facettes. Mais ne vous connaissant pas, je ne peux savoir si vous en avez d'autres.

Je vous souhaite d'être heureux. Je ne sais pas si vous l'êtes ou l'avez été; mais je vous souhaite de connaître le bonheur un jour. Tout comme je me souhaite de retrouver celui que j'ai, bêtement, froidement, laissé partir.


Je ne sais pas si vous publierez mon courrier, courrier des lectrices, commentaire peut être aigri mais sincère. Je continuerai de vous lire.

J'apprends, en vous lisant.

 

Sincèrement

Prune



 

Chère Prune,

 

Puis-je me permettre de vous confier un petit truc à moi, un outil de décodage que m'a enseigné la fréquentation assidue des sites de rencontres, et les innombrables premiers-rendez-vous qu'engendre cette pratique ?

 

Selon mon expérience, plus les gens parlent d'Amour, plus ils pensent au sexe, et inversement plus ils parlent de sexe, et plus ils attendent de l'amour.

 

Les femmes fleur-bleue, comme vous dites, qui dissertent sur la beauté du couple et de l'engagement, finissent en général assez vite par se jeter goulument à notre braguette pour peu que l'on montre patte blanche en faisant bien "hun hun" à propos des sentiments et tout ça.

 

Quant aux femmes libérées qui se croient malines en affichant une sexualité agressive et un soutien-gorge qui devrait être interdit par la convention de Genève (section : interdiction des mines antipersonnel), tout le monde peut voir qu'elles ne rêvent que de poser la tête sur l'épaule protectrice d'un homme dévoué et amoureux.

 

Je connais moins les hommes dans ce contexte, mais je suis assez prêt à parier que les mêmes causes produisent les mêmes effets, et que le principe s'applique.

 

Une sorte de pudeur croisée, je suppose que chacun voit l'indécence au plus près de ses failles personnelles.

 

A cette lecture, il me semble évident que, au fond, si je parle beaucoup de galipette, je dois au fond être un grand amoureux.

 

En revanche, maintenant que je remarque votre déclaratif obsessionnel en faveur de la beauté du sentiment amoureux, j'ai envie de dire…

 

… on baise ?

 



Valentin

 




 

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